Mise à jour : 10/07/2010

Kihon, critères d'évaluation

Je souhaite que les passages de grade soient des évaluations formatives.

Pour cela, il m'a semblé nécessaire de vous donner tous mes critères d'évaluation.

En cours, il faut "agir pour voir", pour ressentir et pour comprendre : nous n'avons donc pas trop le temps de tchatcher. Mettre les choses par écrit pour donner plus de sens à votre travail, rendra les choses plus formelles, et vous permettra d'y revenir !

Il y aura plusieurs passages de grade cette année.

KIHON :

"Techniques de base pratiquées sans adversaires," les kihon sont des exercices où l'on travaille les fondamentaux (qui servent de fondement, qui ont un caractère éssentiel et déterminant).


Ils incluent des coups de poings, des coups de pied, des blocages, des déplacements, et des positions particulières. Les techniques sont la plupart du temps réalisées avec des déplacements en ligne pour des raisons pratiques.

En évaluation, de plus en plus d’évaluateurs imposent aussi des exercices complémentaires avec des déplacements multidirectionnels pour se rapprocher du déplacement en situation de combat.

Réalisés sans adversaire, les enchaînements demandés doivent être réalisés comme s’il y en avait un.

Dans certains cas, les exercices peuvent être réalisés face à une cible fixe pour évaluer la maîtrise du ma (distance par rapport à une cible au moment du kime) ou mouvante pour évaluer la gestion du maaï (distance de combat )


1. Kihon en ligne.

Jusqu’au 1er dan, il est d'usage de demander des techniques de base pour un kihon.

Les techniques de base sont les techniques que nous travaillons dans les kata.

Départ du kihon en garde technique : après avoir salué le jury, ioï, temps de concentration, puis kamae gedan baraï en zenkutsu dashi (net, précis avec le kime).

Le jury demande alors un enchaînement de déplacements, postures et techniques.

Par exemple : kizami tsuki, gyaku tsuki, ayumi ashi gyaku tsuki.

Si le candidat n’a pas compris, il peut demander que cela soit répété.

Si un mot japonais n’est pas compris, il est autorisé et même conseillé de demander la traduction.

Le candidat prend le temps de la réflexion et de la concentration et part quand il veut..

Attention, assumez votre décision quant à l'interprétation de la demande du jury : une erreur sur le mouvement est moins grave que des hésitations pendant l'enchaînement.

Le candidat doit répéter l’enchaînement trois fois puis rester dans la dernière position, sans relâchement de la vigilance, pour attendre les instructions du jury : le prochain enchaînement à faire.

Le prochain enchaînement peut être précédé par un « mawate » : le mawate, demi-tour, doit être réalisé, au signal du jury, avec la même promptitude qu’une attaque ou une défense, pour se retrouver en kamae gedan baraï en zenkutsu dashi.

2. Évaluation :

Le kihon est un exercice permettant l'apprentissages des bases. Ce qui va donc être évalué ce sont vos bases :

Stabilité : il n’y a pas de puissance dans une technique sans un bon enracinement.

Pas de précipitation : Les techniques doivent être finies et les postures (positions de jambes) bien marquée pour chaque technique.

Respiration : Inspiration et surtout expiration bien marquée même et surtout sur les techniques où il n’y a pas de Kiaï. C’est un des critères d’évaluation de votre capacité à gérer un combat. Il ne faut pas être essoufflé après les 3 enchaînements. Respiration, ventrale inversée (dite taoïste) sont nécessaire pour s’enraciner et pour un bon kime.

Kiaï :sur une ou plusieurs techniques au choix, sur tous les enchaînements ou sur le dernier (au choix).

Hauteur des techniques : si elle n’est pas annoncée, le choix vous revient.

Il vaut mieux alors, en général, choisir un shudan sur une technique de poing, sauf si la logique impose jodan. Dans notre exemple, le kisami tsuki se fera plutôt au niveau jodan et les gyaku tsuki au niveau shudan.

Il peut être bien aussi de varier les hauteurs.

En l’absence d’un partenaire opposant, le niveau de la technique est choisi par rapport à vous : jodan est alors au niveau de votre menton et cela même si vous êtes ambitieux et que vous n’avez même pas peur de vous battre contre un géant. Pour jodan, un kisami tsuki dont le kime serait effectué 30 cm au-dessus de votre tête serait évalué comme une faute technique.

La hauteur est évaluée au moment du kime : attention sur un mae geri ou un yoko geri keage de ne pas avoir une technique qui monte en arc de cercle jusqu’en bout de course ou de votre équilibre.

S’il vous est demandé un mawashi jodan et que votre age, votre condition physique ou un handicap ne vous le permet pas, ne vous plaignez pas, faites le à la hauteur où votre technique sera efficace, même si cela ne monte pas plus haut que le genou. Si vous ne pouvez pas le faire et que le jury n’a pas été prévenu, remplacez la technique demandée par celle qui vous paraîtra la plus équivalente du point de vue de l’efficacité recherchée. Le jury appréciera toujours votre initiative, votre esprit de décision et que votre interprétation aille dans le sens de votre efficacité.

Déplacements : quand le déplacement n’est pas donné par le jury, c’est soit parce que le déplacement est induit par ce qui est demandé (oï tsuki), soit parce qu’il est logique (kizami tsuki), soit parce qu’il est laissé à votre libre interprétation, Par défaut prenez la décision. Personne ne vous reprochera de prendre un risque quand il y a incertitude mais nécessité d’agir.

S’il vous est demandé un travail sur place et que vous faites un léger yori ashi vers l’avant (gyaku tsuki) ou retrait vers l’arrière (uchi uke) pour mieux faire « vivre » votre technique, c’est bien et de mon point de vue mieux.

Un examen de ceinture noire

par des enfant de 6 et 7 ans (! et ? mais !)

Au delà des questions que cela pose et de la difficulté de comprendre le japonais, tout est là,aussi bien dans les conditions d'organisation de l'épreuve que pour les critères de réalisation par les candidats.

Rien n'a été fait pour leur faciliter les choses. Hosss !

Karate
Aix Arts Martiaux Yiseishindo

Regard : Dans cet exercice, vous êtes censé réaliser la technique comme si vous étiez face à un adversaire. Votre regard doit le tuer avant ! Montrez votre concentration : pas de regard flottant, vers le jury, en l’air pour réfléchir ou encore en bas pour ressentir ce que vous faites ou vous mettre dans un dialogue intérieur. Garder votre sourire intérieur pour le moment du mokutso : votre regard aussi doit exprimer votre puissance et votre détermination. Regard et extériorisation musculaire sont tous deux liés avec l’énergie du foie et doivent donc être cohérents. Entraînez vous à placer votre regard à l'horizontale, cela bloque la pensée et vous permet de rester dans l'action. Adaptez votre regard quelques mètres en avant (juste en arrière de votre distance de combat) et gardez une vision globale au niveau de votre distance de combat.


Zanshin : « un esprit alerte et calme » alerte veut dire toujours prêt à agir et apte à une décision rapide. Et « calme » veut dire dans le contexte « mais calme », pas agit par ses émotions.

Autrement dit, pas de contractions : attention aux pieds avec les orteils crispés, à la respiration haute qui indiquera votre stress, aux muscles et poings qui restent contractés voire tétanisés. La décontraction, le relâchement même pour une fraction de seconde est de mise entre deux techniques (Fan Zong dit-on en Taï Chi Chuan). Ce relâchement ajoute par ailleurs à la dimension esthétique du karaté : la contraction au moment du kime ne s’évalue bien que par rapport au relâchement qui vient après. Le plein et le yang, ne s’évalue que par l’alternance avec le vide et le yin. Cette alternance dans un même mouvement donne tout à la fois la sensation d’un mouvement continu et un rythme. La fin d’un mouvement n’est pas une fin car elle prépare le mouvement d’après. Le vide crée ainsi la tension nécessaire pour appeler le plein. Le plein crée la tension nécessaire pour appeler le vide.

Le moment de calme l’est d’autant plus que le kime est fort.

Le kime paraît d’autant plus fort qu’il est suivi de ce relâchement .

Kime : il pourrait être résumé à cet arrêt net et précis qu’il y a à la fin de chaque technique et qui est obtenu grâce à une totale contraction de tout le corps au moment de l’impact.

3 cm avant le point d’impact sur un partenaire, ou plus ou moins profondément suivant la zone d’impact sur le corps d’un adversaire, le kime est toujours un moment choisi précisément pour libérer l’énergie ou renvoyer la force en retour (la résistance de la surface sur la quelle on frappe).

Quand un karatéka s'entraîne à frapper à 3 cm de son partenaire, il s’entraîne aussi à cette précision nécessaire pour une frappe décisive.

Le respect du partenaire dans un travail qui ne peut être que coopératif, amène alors à une encore plus grande efficacité.

Le bon kime nécessite concentration, précision, contrôle et pourrait à lui seul permettre l’évaluation d’un karatéka.

CRT : respect des Critères de Réalisation Technique pour chaque mouvement.

3. Kihon sur cible.

Cible :

Votre partenaire est tout désigné pour vous servir de cible. (Il vous est désigné.)

Il fait gonfler son kimono au-dessus de sa ceinture et fait 2 rapides déplacements.

Vous le suivez dans ses déplacements pour garder le maaï, lancez l’attaque qui vous a été demandé par le jury dès qu’il s’est arrêté et stabilisé.

Votre attaque doit toucher son kimono sans pénétrer au niveau shudan, ne jamais toucher au niveau jodan. La priorité reste toujours le respect de votre partenaire.

Même critères d’évaluation que pour le Kihon en ligne + gestion de la distance (Ma et Maaï)

4. Kihon multidirectionnels.

Choisissez un enchaînement impliquant plusieurs changements de direction soit dans l’esprit de suivre un même adversaire, soit dans l’esprit d’un combat contre plusieurs adversaires.

Restez dans la logique la plus courante du combat. Pas de blocage en avançant comme dans les kata (même si on sait que cela peut se faire).

Ce n'est pas tricher que de préparer votre enchaînement à l'avance !

Si vous n'avez pas préparé d'enchaînement ou si vous semblez hésitant, le jury choisira pour vous (Gnark ! Gnark !)


Même critères d’évaluation que pour le Kihon en ligne + gestion des changements de direction.

Kihon

Kihons

Kihons orientés "traditionnel"

Kihons orientés "traditionnel"

Révision des techniques

demandées pour la ceinture jaune !

Parmi les critères sur lesquels j'insiste et que vous pourrez visualiser sur ces deux dernières vidéos :

- La rotation des hanches :

tout mouvement part des hanches.

- La stabilité du genou de la jambe avant. (au dessus du pied et qui ne dépasse pas les orteils). Quelle que soit la position des jambes, les mouvements des hanches sont présents mais les genoux restent stables.

- Le talon de la jambe arrière bien en contact avec le sol au moment du kime.

- L'orientation du pied avant dirigé

dans la direction de l'attaque (y compris pour le mae geri).

Arts energetiques

à aix-en-Provence

Itinéraires artistiques et martiaux