Dernière mise à jour 26/08/2011
Echanges
sur l'énergétique
(Archives du forum)
"comment fait-on pour ressentir l’énergie ? "
Bonjour,
Quand cette question m'est posée, je me dis toujours :
Que croit-on voir quand on voit ?
La recherche sur la vision montre que les informations captées par nos yeux ne peuvent représenter qu'une toute petite partie de l'image que nous nous faisons dans nos têtes.
La plus grosse partie, probablement plus de 90%, de ce que je vois quand je crois voir par mes yeux est une construction de la réalité réalisée par mon cerveau. Du virtuel !
Si nous n'avions jamais eu des yeux et qu'une bonne fée passant au-dessus de nos berceaux, d’un coup de baguette magique, nous en donnait une paire, il nous serait très difficile de pouvoir nous en servir efficacement : de voir.
Il en est du processus de voir et de regarder, comme du processus de marcher ou d'attraper quelque chose.
Pour marcher efficacement, il m'aura fallu des années de marche à quatre pattes, de chutes, des mains bienveillantes de parents pour m’aider, m’accrocher et prendre confiance, les encouragements de ce qui m’ont entouré.
Rembrandt et Mohamed Ali auraient dit : "Celui qui gagne est celui qui se relève une fois de plus que les autres"
Je pense moi, qu’il m'a fallu, en plus, le modèle, l’aide, le soutien, la compréhension, l’affection de ceux qui m’ont entouré à ce moment là.
Pour attraper quelque chose, il nous aura fallu de nombreuses tentatives, des tâtonnements maladroits, des ratés (essaye encore une fois !), des adaptations successives à coup d'essais-erreurs...
Pour arriver en fin à "OUAIIII ! je l'ai"
Se faire une représentation du monde qui soit suffisamment efficace pour pouvoir interagir avec lui, passe par tout un processus d'apprentissage.
Il faut que j'apprenne à me servir de mes yeux et de mon cerveau, que j'apprenne à construire une image, une réalité qui me permette d'appréhender les choses.
Le processus étant d'ailleurs d'autant plus complexe que les choses ne veulent pas se faire attraper et que le contexte ne le facilite pas.
Le plus difficile : prendre le temps de lâcher prise quant à la volonté de faire très bien, et oublier comment nous faisons pour appréhender le monde.
Et oui, on ne peut pas marcher correctement en ayant en tête la check-list du comment bien marcher ou pire encore en ayant la volonté de "bien marcher en coordonnant de telle manière ses hanches, ses épaules, ses jambes, ses pieds..."
Garde la tête haute ! Ne rentre pas tes pieds en dedans !
Il nous faut alors accepter d’oublier tout ce savoir si chèrement acquis pour le transformer par intégration en connaissances (au sens étymologique de naissance, renaissance avec.)
Ces métaphores pour dire que je ne peux pas répondre à la question "que croit-on voir quand on voit".
Je ne peux pas, non plus, répondre à la question "comment fait-on pour ressentir l’énergie ? ». C’est tellement une expérience unique et personnelle.
Ressentir et utiliser l'énergie
Transmettre, comme me l’ont enseigné
mes "senseï"
Je peux tout au plus essayer de transmettre, comme me l’ont enseigné mes "senseï" et surtout comme je l’ai compris (au sens étymologique de pris avec moi).
Et encore que cette transmission ne puisse se faire que par injonctions, sous forme d’une recette à suivre, pour obtenir au bout du compte l’expérience sensorielle recherchée.
Pendant mes cours, mes élèves essaient de faire, sentir, visualiser, porter leur intention ou leur attention sur… ce que je leur demande ou suggère.
Il leur faudra, aussi :
1/ Pas penser !
Qu’ils arrêtent de vouloir réussir, ou de vouloir accorder leurs perceptions avec leurs connaissances antérieures ou leur logique.
La pensée, le vouloir agir avec sa volonté interfère toujours négativement avec le processus qui a besoin de spontanéité.
Quand je pense, je prends de la distance avec l’expérience et je crée un paradoxe du type "soit spontané !".
Le cerveau ne sait pas gérer ça.
Je ne dis jamais, comme ce petit moine zen que l’on trouve dans les films occidentaux sur la spiritualité orientale, "Pas penser. Tu penses trop."
J’essaie de transmettre des méthodes pour "gérer sa pensée".
Gérer c’est pas contrôler ou maîtriser. La maîtrise c’est de l’ordre de ce que font les maîtres.
J’ai renoncé à être un maître.
2/ Se faire confiance.
Au départ les perceptions sont subtiles, ténues, tellement discrètes qu’on n’ose pas y croire.
Et puis il faut commencer à repérer ses perceptions, les nommer pour les faire exister et les retrouver plus vite…
3/ Accepter ce q'il y a ici et maintenant
et en particulier accepter la régression des perceptions ou même de ne pas retrouver ce qu’on a senti une fois et qui était tellement bien, et qu’on aimerait retrouver…
«On ne se baigne jamais deux fois dans la même eau !» (Héraclite)
4/ Au final se faire sa propre expérience et accepter qu'elle soit unique.
Au bout de l’exercice mes élèves font une expérience qui leur est propre. Je ne peux pas savoir ce qu’elle est et je ne peux pas contrôler que c’est ça.
Mais les arts énergétiques comme le Qi Gong, c’est d’abord une recherche de soi avec soi, même quand on partage avec plaisir ce bout de temps avec les autres.
L’expérience de chacun est unique et personnelle et ne peut jamais correspondre parfaitement avec ce qui est transmis.
Il faut à l’enseignant une certaine dose d’ego et d’inflation du moi pour oser essayer de transmettre.
Il lui faut abandonner une bonne part de cet ego pour accepter que l’autre soit autre et différent.
En conclusion :
« si tu veux voir alors agis ! » (Bouddha ?)
et que l’expérience te soit bonne, t’apporte bonheur, santé et longévité.
Dune !
